Działalność prof. Nowaka na polu geologii Karpat

Stanisław Sokołowski

Abstract


Le commencement de l’activité scientifique du feu prof. Nowak a eu lieu dans la période la plus belle de l’histoire des sciences géologiques, dans les années ou naissent de magnifiques idées nouvelles concernant la structure des Alpes, époque dans laquelle on les voit triompher au milieu d’une tempête de discussions et de répliques ou tout le monde géologique de l’époque prend part. Un écho de ces ideés revient dans la nouvelle interprétation de la structure des Karpates, quand Limanowski et Uhlig secouaient la vielle tectonique. À cette époque le prof. Nowak collaborait avec Zuber qui avait fait pour l’Atlas Géologique de la Galicie beaucoup de levés et rapporté des Karpates de nombreuses et intéressantes observations. Lorsque Uhlig présenta la nouvelle conception de la tectonique des Karpates, Zuber conseilla à son jeune collaborateur, d’esprit fin, de s’occuper des problèmes généraux de la tectonique des Karpates. Nowak puisa à la source même d’où découlent les nouvelles théories. C’est l’origine de sa dissertation sur la structure des Alpes, ouvrage de compilation, mais de caractère critique. Dans les remarques qui terminent cette étude se trouve une phrase dans laquelle il précise son attitude vis-à-vis des problèmes de Karpates. Il écrit comme suit: «Un autre devoir dans la géologie, le plus beau mais aussi le plus difficile, c’est de connaître leur (c’est-à-dire des orogènes) histoire, la concevant comme un ensemble dans l’espace et le temps. Nous ne comprendrons l’étendue et la nature des perturbations que lorsque nous nous rendrons compte du status quo ante». La même année il écrit une première étude sur les Karpates où il critique l’interprétation de leur structure selon la nouvelle conception présentée par Uhlig. La voie par laquelle Nowak entra dans l’étude des Karpates, était donc complètement différente que celle des autres géologues. Il ne débutait pas par de levés détaillés, par de solutions de petit problème, mais il arriva aux problèmes en quelque sorte d’en haut. Et comme c’était l’époque où on frayait de nouveaux chemins, son attitude le prédestinait au rôle important qu’il a joué ensuite dans l’évolution de la géologie des Karpates. La place que tenaient dans ses oeuvres les dissertations au sujet des Karpates, démontrent le mieux ce rôle. Ayant écrit les deux études mentionnées ci-dessus, à savoir «La structure des Alpes à la lumière de dernières recherches» et «Sur la tectonique des Karpates interprétée par Uhlig», Nowak veut se familiariser dans le terrain avec l’application de nouvelles théories tectoniques et part dans les Alpes. Le résultat en est l’étude intitulée: «Structure des Alpes calcaires à Salzbourg et Salzkammergut» qui lui fit gagner une position durable dans toutes les oeuvres postérieures synthétiques de géologues tels que Staub, Ampferer ou Trauth. Des Alpes, Nowak passe à l’extrémité orientale du système alpin des chaînes de montagnes et prend part dans l’expédition aux Sichota Alin, sur la côte d’Asie, au bord du Pacifique. Quand il revient à Lwôw, comme géologue accompli, Zuber donne à la disposition de Nowak tous ses matériaux des Karpates orientales pour qu’il les interprète. A l’instigation de Zuber, Nowak écrit alors la première synthèse de la structure des Karpates, basée sur des observations faites au cours des excursions de reconnaissance sur le terrain et surtout, sur l’analyse des matériaux cartographiques. C’est l’étude intitulée «Unités tectoniques des Karpates orientales polonaises ». Dans la préface, Zuber souligne l’importance de cette étude, consistant en ce «qu’elle réduit à la juste mesure l’appücation des nouvelles théories pour rapprocher et illustrer les faits observés». Il remarque en outre que ce travail «témoigne de l’assainissement de la géologie des Karpates qui revenant à la méthode d’observation rigoureuse et critique, donnera certainement dans la suite de beaux résultats». Pendant la guerre mondiale, d’abord à Zakopane, où, blessé sur le champ de bataille, il est en traitement, puis, occupant le poste de commandant du secteur pétrolier à Krosno, il concentre toute son attention sur les Karpates. Depuis, son intérêt scientifique est orienté en deux sens. En premier lieu, un géologue pétrolier naît en lui et prend connaissance de la région pétrolifére des Karpates polonaises en l’étudiant à fond. En second lieu, il fait des recherches qui visent à une connaissance universelle de la situation stratigraphique et tectonique des Karpates de Flysch. En 1917, il écrit l’étude «Recherches dans les Karpates Polonaises Occidentales». Cet ouvrage le rapproche des problèmes des Karpates occidentales. Il y traite de la question de la délimitation du Crétacé et du Paléogène dans la région du faciès silésien. En 1919, au moment où la Pologne retrouva son indépendance Nowak prend la direction du Bureau Polonais de Pétrole, déjà en qualité d’éminent spécialiste et le centre de son intérêt passe en entier aux Karpates occidentales. Une série d’études concernant, pour la plupart, la géologie de pétrole complète le premier travail synthétique publié en 1922 et intitulé: «Le pétrole des Karpates polonaises du point de vue de la géologie régionale». Nowak discerne trois grandes régions de faciès «qui montrent l’amplitude de plissement la plus haute dans leur extrémité septentrionale dans les environs des limites de faciès» ce qu’il relève comme le trait tectonique le plus général de cette partie des Karpates. Á l’époque où il passe du Bureau Polonais de Pétrole à l’Université Jagellonnienne, le prof. Nowak commence à s’intéresser aux eaux minérales des Karpates. En examinant les faciès et la tectonique dans lesquelles elles font leur apparition, il écrit en 1922 «Sur la stratigraphie du district Magóra aux environs de Rabka» et, en 1924, «La géologie de Krynica». Déjà comme professeur, il fait avec ses élèves et le prof. Kreutz une série d’excursions dans les Karpates Occidentales. Il entraîne aussi le prof. Kreutz dans l’étude des massifs cristallins des Prékarpates dévoilant leur aspect dans le matériel exotique du Flysch karpatien. Il donne aussi de rigoureuses bases lithologiques aux recherches sur les formations de Flysch à l’appui desquelles, il reconstruit les anciennes chaînes des Prékarpates. A cette époque, chacun de ses cours universitaires apporte des ideés nouvelles qu’il offre libéralement à ses élèves. Au cours de nombreuses excursions sur le terrain le prof. Nowak familiarise ses élèves avec les méthodes précises de travaux de terrain. Il introduit et propage l’application du levé à pas (pacing). Son rôle de maître et de créateur de la nouvelle méthode de la géologie karpatienne a pour résultat le fait, qu’à son premier cours intitulé «Problèmes de la géologie des Karpates», on voyait non seulement de jeunes adeptes, mais aussi des connaisseurs experts de Karpates, avec le prof. Grzybowski en tête. Le prof. Nowak groupe autour de lui des géologues venant de différents centres scientifiques, en un mot, il crée son école cracovienne des Karpates. Il écrit, pour le Congrès géologique à Bruxelles, l’étude «Sur la tectonique du Flysch» qui est parue en 1926. Il expose largement les ideés qui y sont exprimées, dans son «Traité de tectonique de la Pologne ». Si nous posons le chiffre 70 comme celui qui indique, d’après la liste de ses études, le nombre des publications du domaine de la géologie, la quantité de celles qui concernent les Karpates s’élève jusqu’à 26 études. Cette concentration de l’intérêt de prof. Nowak sur les Karpates s’est exprimé clairement dans son: Traité «de la tectonique de la Pologne». Ce travail devait présenter l’évolution des événements géologiques dans le temps et l’espace de notre pays. Sa première partie, portant le titre laconique «Les Karpates», a pris comme l’a dit Nowak lui-même tant de place que, les dimensions de l’oeuvre étant définies d’avance, l’auteur n’a pu donner de l’avant-pays que des notions provisoires. Sur les 160 pages, 142 pages sont consacrées aux Karpates. Le Traité de Tectonique de la Pologne est un travail synthétique qui se rattache à la région des recherches et études classiques de Hohenegger, en comblant la lacune qui a pesé si fort sur les savants du 19-e siècle. Universellement conçu, il forme un trait d’union entre la géologie des Karpates occidentales et des orientales. Le prof. Nowak y exprime, dans la préface, une sorte de son crédo géologique, en soulignant que ce travail a pour but «de chercher les rapports qui existent entre les groupes tectoniques d’ordre supérieur se laissant discerner dans la structure de la Pologne, comme les Karpates et les parties composantes de leur avant-pays et d’examiner l’évolution historique et le système de ces rapports». Il étudie la disposition des faciès dans l’espace, leurs réactions réciproques, leur étendue vers l’Orient et l’Occident. Il traite largement la matériel rocheuse dont ces formations sont composées. Se basant sur l’analyse des matériaux détritiques, il reconstruit l’histoire des Karpates à partir des temps précambriens jusqu’a l’époque des dernières mers qui inondaient nos terrains. Nowak souligne encore une fois que dans son travail, l’idéal serait de connaître dans le temps et l’espace le phénomène que représentent les Karpates. Il met fortement en relief l’élement dynamique dans la géologie, en niant l’opinion que ce que nous voyons soit mort et ne se maintienne qu’à force d’inertie. Il conçoit les phénomènes dans l’espace et les examine au point de vue de leur évolution pendant la longue histoire de notre terre. L’idée du prof. Nowak que les Karpates sont le résultat des mouvements continuels des continents et des changements des mers qui, soit entouraient soit submergeaient ces continents, se formait au cours de ses conférences où il marquait d’un crayon rouge les phases orogéniques. Puis, en resserant le réseau de ses observations faites dans les massifs rocheux des Karpates du flysch, il est parvenu à la conclusion que les phases sont une notion fortuite: elles indiquent le fait que les mouvements orogéniques ont été mis en evidence par les sédiments qui avaient été déposés dans la mer baignant alors cette zone orogénique. Ensuite, il élimina la notion des phases et parlait du mouvement ou ondulation continue de la zone orogénique. Les phases anciennes ne pouvaient être autre chose que des périodes des mouvements epeirogèniques dans les chaînes karpatiennes, activés ou augmentés. Cependant le travail projeté au sujet de l’avant-pays des Karpates évolua dans l’esprit du professeur Nowak. Il voulait en faire une synthèse, à l’instar de celle des Karpates? mais qui embrasserait la géologie de toute la Pologne. Les Karpates deviendraient alors un fragment dans le tableau entier de la géologie de notre pays. Depuis, pour ce qui concerne les Karpates, il achève seulement quelques problèmes. Ce sont les études sur la question de l’âge des roches magmatiques de Cieszyn, sur les conglomérats de Sloboda, sur l’âge du grès de Magura et d’autres. Le rôle que les Karpates ont joué dans son entendement des formes géologiques de la Pologne, se montre à chaque instant. En distinguant les syndinoria et antichinoria de l’avant-pays qui se rattachent génétiquement au phénomène de Karpates, il nous donne une vision du phénomène appelé par lui «Méta Karpates». Il précise en détail son point de vue comparé à celui des autres géologues du monde, en disant que sa «tectonique est bien loin de la notion de tectonique définie ordinairement dans les manuels d’après Argand, comme «tectonique en arrêt», tandis que, à son avis, il serait mieux de l’appeler «tectonique statique»; par contre, elle est plus proche de la définition, donnée par Argand de «tectonique en mouvement» et qu’il appellerait, lui, «tectonique dynamique». Nowak ne se cantonnait pas aveuglement dans ses téories scientifiques. De même que tout le monde géologique se présentait à lui sous forme de mouvement et de transformation, de même, dans la richesse de sa nature, il permettait à ses idées de se transformer ou il en créait d’autres, nouvelles à leur place. Quand il a dit : «Je suis persuadé que la tectonique statique ne se maintient plus qu’à force d’inertie», certains auditeurs étaient tentés d’y voir une héresie. Cette tendance d’animer l’immobilité a sa cause et sa justification dans la profonde instruction humaniste, reçue par le feu prof. Nowak dans sa jeunesse. Dans sa manière de concevoir les phénomènes en mouvement on voit se refléter la pensée d’Heraclite, vieux philosophe grec: PANTA-REI

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