Spostrzeżenia geologiczne w okolicach Ulcinja (Dulcigno) w południowej Czarnogórze

Stanisław Zuber

Abstract


Contributions a la géologie des environs de Ulcinj (Dulcigno) au Montenegro Méridional (Jugoslavie)

L’auteur a étudié la zone côtière entre Bar (Antivari) et la frontière albanaise qui suit la rivière Boiana. La carte géologique en échelle 1:75.000 indique l’extension du lever géologique exact Les terrains du Monténégro méridional se divisent en trois parties, la première, la zone des plis charriés, qui commencent à peu de kilomètres vers NE du terrain étudié, ladeuxième zone, autochtone, composée des plis aux noyaux calcaires (Crétacé à Rudistes recouverts par les calcaires éocéniques) divisés par les étroites bandes synclinales remplies du flysch et enfin latroisième zone, formée par une vaste dépression (la plaine de Zogaï) transversale, recouverte par les dépôts récents, laquelle s’étend beaucoup plus vers le Sud et est limitée par une élévation appartenant déjà au territoire albanais. La stratigraphie des terrains en question présente des particularités assez caractéristiques qui la distinguent des terrains autochtones de la Dalmatie et de l’Albanie. En comparaison avec les autres endroits de la côte orientale de l’Adriatique, le Paléogène (calcaires nummulitiques et le flysch) démontre un amincissement considérable. Le Néogène n’est représenté dans nôtre zone que par une série peu épaisse du Miocène moyen. Sauf une mince couche de dépôts à galets, qu’il faut attribuer au Pliocène, les autres étages y manquent entièrement, et ne se montrent qu’en Albanie côtière. Le profil stratigraphique (v. les coupes géologiques) est composé des séries de couches suivantes: 1. Calcaires à Rudistes. 2. Calcaires blancs de l’Éocène, à l’épaisseur d’environs 50— 150 mètres. Entre ces calcaires et la série précédente existe une lacune bien caractéristique grâce à la présence des amas de bauxite. 3. Série de marnes sablonneuses verdâtres, qui forme un passage entre le flysch et les calcaires. Contient les Mollusques, tiges de Crinoidés et les Oursins, Epaisseur de 5— 10 mètres seulement. 4. Flysch infér ieur . Marnes schisteuses bleuâtres avec des intercalations des calcaires sablonneux à petites Nummulites. Près de Dulcigno l’épaisseur de cette série ne dépasse pas 15 mètres tandis que plus à Nord-Est (synclinal de Klyzna) il atteint 100— 120 mètres. Un faciès analogue est développé dans tous les pays balcaniques. En Albanie son épaisseur n’est pas moindre de 150—200 mètres. 5. Flysch supérieur. Schistes argileux et sablonneux gris — foncé, grès jaunâtres et gris à paillettes de mica. Le même faciès se trouve en Dalmatie. En Albanie il s’étend jusqu’aux environs d’Elbassan, pour y ceder la place à un autre type beaucoup plus grossier et très épais. A Dulcigno cette série démontre une épaisseur d’environ 500 mètres. Lacune. (Vers le Sud, c’est-à-dire en Albanie, la lacune se rétrécit, grâce au Miocène inférieur et peut-être l’Oligocène le plus récent, développé en puissant faciès argileux gris-clair, flysch, „supérieur“ suivant la dénomination de Ernst Nowack). Mioc ène moyen. 6. Niveau à Ostrea fimbriata Grat. Développé localement aux environs du village Golumbé. Nous y avons problement déjà un des niveaux pas du Hélvetien mais du Burdigalien. 7. Sables à Ostrea crassissima Lk. L’épaisseur variable; au voisinage immédiat de Dulcigno elle est de quelques mètres tandis qu’aux limites des collines (la carte) elle atteint 50—60 mètres. 7. Calcaires à Nullipores très fossilifères, qui ont fourni toutes les espèces décrites par Martelli , Nelli et Vinassa de Regny. Epaisseur variable. Près de Dulcigno elle est de quelques mètres; au Cap Derana elle atteint 50 m. ou peut-être davantage. 9. Argiles de Baden (Badener Tegel) typiques avec une faune très riche de Gastéropodes (Natica, Conus, Pleurotoma, Turri- tella etc.) énumérés dans le texte polonais. L’épaisseur n’est pas à mésurer exactement. Elle ne dépasse certainemant pas trentequarante mètres. Lacune. 10. Terrasses aux galets et sables argileux rouges. Nous l’attribuons au Pliocène ou peut-être au Quaternaire inférieur. Le même type facial se rencontre bien souvent dans le Pliocène albanais. Là il est d’une épaisseur formidable, mais dans notre cas l’épaisseur ne dépasse pas cinq mètres aux bords de la dépression. Il est fort probable, que les alluvions de la plaine de Zogaï reposent sur un substratum de même formation. Près de la frontière on observe quelques collines où les galets montrent déjà une épaisseur de dix mètres, sinon de plus. L’âge des différentes séries du Paléogène pourrait être défini bien exactement grâce aux fossiles qui s’y trouvent. Pour l’instant la subdivision n’est que relative, vu que les matériaux paléontologiques recueillis sur le terrain n’ont qu’un caractère fortuit. La découver te du niveau avec Ostrea fimbriata du Badener Tegel abondamment fossilifère est nouvelle pour ces contrées. La présence du B. Tegel permet de lier les environs de Dulcigno avec l’Albanie où ce faciès joue un rôle assez caractér ist ique. La tectonique de la zone décrite est bien simple. Les massifs calcaires des anticlinaux montrent des chevauchements locaux qu’illumine d’ailleurs assez clairement la carte géologique en 1:75.000 et surtout les coupes transversales. Les synclinaux remplis de dépôts flyscheux se distinguent par la présence de nombreux petits plis, bien souvent se transformant en petites écailles, qui s’élargissent vers la plaine de Zogaï. Les axes de ces plis sécondaires, ne correspondent pas avec les axes des massifs calcaires. L’ensemble du caractère des synclinaux nous prouve qu’il s’y agit d’un mouvement du flysch plastique, subissant toutes les déformations possibles, sur le soustrat rigide, formé par les calcaires, plissés d’une manière différente. Les couches du Miocène transgressif sont, elles aussi, plissées secondairement, mais suivant les lignes axiales des massifs calcaires et pas celles du flysch. Gisement d’asphal te. Une forte imprégnation liée à la base des calcaires éocénique s’observe au voisinage immédiat de Dulcigno (collines de Katran). L’asphalte plastique ou même liquide remplit les petites cavités du calcaire un peu silicifié et sablonneux. Le bitume ne se trouve que dans les cavités; la roche encaissante en est libre. Les fissures très fréquentes dans la roche, sont remplies de bitume uniquement lorsqu’elles traversent les cavités bituminifères. Le type de l’imprégnation harmonise avec le caractère assez fréquent des gisements dans les calcaires. Aux environs de Dulcigno ce gisement est unique. On n’y trouve pas de bitume autrepart et c’est seulement bien vers le Sud, en Albanie que ce bitume apparait de nouveau lié au même faciès. Le gisement ne présente pas de valeur considérable, vu que la quantité du bitume n’est pas grande et l’imprégnation se trouve plutôt isolée. G i sement s de bauxi te. Des agglomérations abondantes et parfois bien riches du minerai marneux concretionné, couleur rouge de brique, se trouvent aux crêtes calcaires, étroitement liées au sommet des calcaires à Rudistes. La carte en 75.000 et les coupes fournissent les dates précises sur remplacement des amas les plus abondants. La nature des gisements correspond au type observé si souvent dans les pays méditerranéens lié avec les lacunes stratigraphiques existantes entre deux formations calcaires superposées l’une sur l’autre. L’âge de la formation aluminifère de Dulcigno coincide avec la lacune entre les calcaires à Rudistes et la formation des calcaires à Nummulites. Le même cas s’observe dans les autres gisements aux côtes de l’Adriatique (v. la liste bibliographique). Ces gisements d’ailleurs presque inconnus n’ont pas été exploités jusqu’à présent.

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